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10 raisons pour voter Front de gauche aux élections européennes

Le 25 mai, le peuple va enfin pouvoir dire son mot sur les politiques européennes à l’occasion de l’élection du Parlement européen. C’est un vote essentiel car l’Union européenne est en train d’imposer partout des politiques d’austérité avec des conditions dramatiques pour les populations. Les compétences du Parlement européen couvrent de nombreux domaines, il pourrait même bloquer une directive (une loi européenne) contre l’avis du Conseil européen (qui rassemble les représentants des gouvernements). Si des domaines importants lui échappent, comme par exemple la fiscalité ou la politique monétaire, il élit le président de la Commission européenne, le choix des autres membres de la Commission étant soumis à son approbation, et il peut censurer la Commission qui doit alors démissionner. Il faut élire dans ce Parlement un maximum de députés porteurs d’un autre avenir que l’austérité à perpétuité à l’opposé de ce qui est aujourd’hui défendu par la droite et les partis se réclamant de la social-démocratie. Les députés européens du Front de gauche ont été porteurs dans le Parlement européen, au sein du groupe de la Gauche unie européenne – Gauche verte Nordique (GUE-NGL), de propositions alternatives et sont intervenus en appui aux luttes.

1. Refusons l’Europe de l’austérité

Les peuples d’Europe subissent la crise mondiale du capitalisme financiarisé. Le chômage et la pauvreté explosent, en particulier chez les femmes et les jeunes. La stagnation économique s’installe et la déflation menace. Les dogmes ultralibéraux, les traités européens et ceux qui les défendent encore sont lourdement responsables de la crise en Europe. Hélas ils s’enferrent dans les politiques qui ont échoué. En France, François Hollande a trahi ses engagements et ceux qui lui ont fait confiance en 2012. Il est désormais l’allié de Merkel et de la droite européenne, du MEDEF et des marchés. Ces politiques d’austérité font aujourd’hui l’objet d’un rejet massif des peuples. Des millions de femmes et d’hommes se mobilisent contre ces choix qui dégradent leurs conditions de vie et de travail, qui attaquent leurs droits sociaux et politiques. Il faudra que cette colère s’exprime, il faudra que de cette colère puisse émerger un espoir, celui de celles et ceux qui n’ont pas renoncé au changement et au progrès humain. Avec nos bulletins de vote nous avons le devoir de ne pas laisser faire et d’ouvrir un autre chemin.

2. Refusons une Europe qui bafoue la démocratie

Les gouvernements n’ont pas cessé de bafouer la souveraineté populaire, tant au niveau national – par exemple en refusant de tenir compte du vote non au Traité constitutionnel européen en 2005 – qu’au niveau européen. Leur objectif est de se mettre à l’abri de de la souveraineté populaire, d’empêcher tout débat démocratique réel et d’exclure le plus possible l’intervention citoyenne dans la sphère économique. Ce processus s’est accéléré récemment avec l’adoption du Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG) de la zone euro que François Hollande s’est refusé à renégocier malgré sa promesse. Un fédéralisme autoritaire qui tient les peuples le plus possible à distance se met ainsi en place. Notre vote doit le refuser.

3. Refusons la loi de la finance et le libre échange destructeur

La résorption de la dette publique sert aujourd’hui de prétexte à mener des politiques d’austérité drastique. Les Etats sont obligés d’emprunter à des banques privées, à des taux qui peuvent aller jusqu’à 8 %, des sommes qu’elles empruntent aujourd’hui à 0,25 % à la Banque centrale européenne (BCE). La dette publique est sous l’emprise des marchés financiers qui peuvent spéculer en toute liberté. Les produits financiers toxiques et les opérations à hauts risques ne sont toujours pas interdits. Le libre-échange généralisé donne tout pouvoir aux firmes transnationales. Il est anti-écologique car il pousse à produire à l’autre bout du monde ce qui peut être produit plus près et à envoyer nos déchets toxiques vers les pays pauvres. Il organise un nivellement général par le bas des normes sociales et environnementales et la concurrence entre les salariés.

4. Refusons le dumping social et fiscal

Au lieu de promouvoir la solidarité entre les peuples, l’Europe actuelle est basée sur la concurrence entre les systèmes sociaux et fiscaux. Au nom d’une course sans fin à la compétitivité, le dumping social et fiscal est devenu la règle. Interdisant tout processus d’harmonisation  sociale par le haut, les traités européens ne contiennent même pas le principe de non régression sociale qui protégerait les salariés en empêchant qu’un pays se voie imposer des normes européennes inférieures à ses normes nationales. Les inégalités salariales entre les femmes et les hommes s’aggravent, la précarité du travail se développe, les bas salaires tendent à devenir la règle et l’injustice fiscale s’installe pour le plus grand bénéfice des multinationales et des rentiers.

5. Refusons le grand marché transatlantique

Le grand marché transatlantique (GMT) est un projet d’accord de libre échange entre l’Union européenne et les États Unis, au service des grandes firmes transnationales. S’il devait être adopté, il destabiliserait nos industries, nos cultures, nos agricultures. Il permettrait l’arrivée en Europe de produits ne répondant pas à nos normes sociales ou environnementales. Le principe du recours à des tribunaux d’arbitrage privés, acté dans le mandat de négociations de la Commission européenne, est inadmissible. Ce mécanisme permettrait par exemple à une entreprise pétrolière de faire condamner la France parce qu’elle refuse l’exploitation des gaz de schiste ! Ce serait une remise en cause insupportable de la souveraineté populaire au profit du capital financier transnational.

Il faut rompre avec cette Europe là pour refonder une autre Europe solidaire et démocratique.

6. Désobéir aux traités européens et prendre des mesures unilatérales coopératives

Dans la situation actuelle, l’élargissement à 28 Etats membres rend quasiment impossible la modification des traités qui requiert l’unanimité des pays membres. Un seul pays pourrait bloquer tout progrès social ou écologique. Un gouvernement de gauche devrait donc assumer un rapport de force diplomatique, économique et politique pour s’opposer aux projets dangereux, ouvrir le débat sur des propositions alternatives et créer les chocs diplomatiques visant une remise à plat de la construction européenne. Nous essayerons d’obtenir une modification des règles actuelles. Si cela s’avère impossible, il faudra, avec tous les pays qui le souhaiteraient, désobéir aux règles européennes et prendre un certain nombre de mesures unilatérales en expliquant qu’elles ont vocation à être étendues à l’échelle européenne. Il s’agit de mesures unilatérales coopératives, en ce sens qu’elles ne sont dirigées contre aucun pays mais contre une logique économique et politique et que, plus le nombre de pays les adoptant est important, plus leur efficacité grandit. C’est donc au nom d’une autre conception de l’Europe qu’un gouvernement de gauche devrait mettre en œuvre des mesures qui rompent avec la construction actuelle de l’Europe.

7. Sortir la dette publique de l’emprise des marchés financiers pour relancer l’emploi et la transition écologique

Au niveau européen, nous proposons la tenue d’une conférence sur les dettes publiques qui aboutirait à l’annulation d’une grande part des dettes insoutenables des Etats membres. Si cette solution s’avère impossible, faute d’accord des gouvernements des autres pays, un gouvernement de gauche devrait prendre des mesures unilatérales : la dette publique ferait l’objet d’un audit citoyen qui pourrait déboucher sur un rééchelonnement, un moratoire ou une annulation. Au-delà, il faut un changement radical de politique monétaire. Il faut refonder l’euro pour en faire une monnaie au service des peuples. Il est indispensable que la BCE puisse prêter directement aux Etats et aux collectivités territoriales pour financer les éventuels déficits publics nécessaires aux besoins sociaux et à la transition écologique. Si les autres gouvernements s’y opposent, le gouvernement prendrait des mesures unilatérales.

8. Contrôler la finance et réguler les échanges

La finance doit être mise au pas. L’impunité, ça suffit ! Les produits financiers doivent être placés sous une surveillance stricte des pouvoirs publics afin qu’ils soient mis au service de la société et non l’inverse. Il faut en finir avec les produits spéculatifs. Les mouvements de capitaux entre l’Union européenne et le reste du monde doivent être contrôlés et réellement taxés. Les conglomérats bancaires doivent être brisés et une stricte séparation instaurée entre les banques de dépôt tournées vers le financement de l’économie et les banques d’affaires intervenant sur les marchés. L’activité de ces dernières doit être strictement encadrée afin qu’elles ne puissent pas perturber le bon fonctionnement de l’économie. Nous proposons la création d’une taxe couvrant toutes les transactions financières. Sans décision européenne, nous appliquerons ces mesures en France. Nous bloquerons tout mouvement de capitaux allant vers un paradis fiscal, y compris au sein de l’UE (Luxembourg, etc.). Loin de la logique patronale de la « compétitivité » qui veut exporter à tout prix, nous favorisons la demande interne. La finalité de la production doit être la satisfaction des besoins. Pour cela, nous appliquerons une taxe kilométrique au niveau national et européen et des visas sociaux et environnementaux aux frontières de l’Union européenne. Ces mesures favoriseront la relocalisation des activités et sont nécessaires au développement de circuit court de production et de consommation. Nous prônons une refondation de la Politique agricole commune (PAC) pour développer une agriculture écologique, paysanne, de proximité. Celle-ci devra favoriser le principe de souveraineté alimentaire.

9. Engager la transition écologique

La première nécessité de l’Humanité est la préservation de l’écosystème que nous avons en commun. Elle implique la mise en œuvre d’une planification écologique et impose l’application d’une « règle verte » pour solder la dette écologique. Nouvel outil de pilotage des politiques publiques, cette dernière permettra la transition vers un mode de développement qui ne consomme pas davantage de ressources que ce que la Terre peut renouveler chaque année. Cela implique également la mobilisation de budgets au niveau des pays européens pour accélérer la transition énergétique. Cela passe notamment par le développement accéléré des énergies renouvelables pour diminuer drastiquement les énergies productrices de gaz à effet de serre et un débat public national immédiat sur la politique énergétique en France et la place du nucléaire qui se terminera par un référendum. L’Europe doit se mobiliser dès maintenant pour la lutte contre le réchauffement climatique et obtenir, à Paris, en 2015, un accord juridiquement contraignant et différencié de réduction des émissions des gaz à effets de serre, concernant tous les grands pays émetteurs, qui limite le réchauffement au plus à 2°C, ainsi que la création des fonds financiers incontournables dédiés à l’accompagnement des pays du Sud, des pays les moins développés et des pays les plus fragilisés dans leur projet de développement.

10. Agir pour la paix, les droits et l’égalité

Trop souvent, l’OTAN sert de prétexte pour contourner les décisions de l’ONU et s’affranchir du droit international. Nous prônons la sortie de la France de l’OTAN. Nous refusons le projet de bouclier anti-missile de l’OTAN en Europe. Nous mettrons en échec les accords qui livrent les données personnelles des citoyens européens au gouvernement des Etats-Unis sous couvert de lutte contre le terrorisme. Nous refusons le sort fait aux Rroms, érigés en boucs émissaires. Nous refusons cette Europe forteresse qui conduit à l’accumulation des naufragés et des cadavres à nos frontières. Nous supprimerons les zones de rétention administrative qui sont des zones de non droit. Nous renégocierons les accords de Schengen au profit d’une action résolue en faveur de politiques nouvelles de migrations internationales et de codéveloppement. Nous mobiliserons au niveau européen pour l’abrogation de la « directive de la honte » de 2008 qui banalise et généralise une politique d’internement et d’expulsion des migrants en Europe et refuserons de l’appliquer en France. L’Europe doit être laïque et garantir la liberté de conscience. C’est une condition pour garantir l’égalité des citoyennes et des citoyens quelles que soient leurs convictions philosophiques et religieuses. Nous nous prononçons pour une stricte séparation entre les Eglises et les institutions européennes. Nous nous opposerons au statut particulier des Eglises dans le cadre des consultations européennes et à tout financement public d’activité religieuse. L’Europe doit être un espace qui garantit l’égalité entre les femmes et les hommes dans tous les domaines, et qui protège le droit fondamental des femmes de choisir d’avoir un enfant ou non. Le droit européen doit – face à la menace qui plane dans de nombreux pays – garantir l’accès de toutes à l’avortement. Nous sommes pour un principe de non régression et d’harmonisation des droits par le haut. Il faut garantir l’égalité professionnelle et salariale et notamment la revalorisation des métiers féminisés. La précarité de l’emploi doit être combattue notamment par l’interdiction du temps partiel imposé. Les services publics assurant l’autonomie des femmes, notamment les services publics de la petite enfance, de la santé et d’aide aux personnes dépendantes, doivent être développés et améliorés. La lutte contre les violences faites aux femmes doit être assortie de moyens financiers suffisants dans un but de prévention et de protection des femmes, et intégrer une véritable politique abolitionniste par rapport à la prostitution.

Les peuples ne sont pas restés sans voix face aux politiques d’austérité. Des mouvements puissants se sont développés ces dernières années dans différents pays, ils doivent converger au niveau européen. Les citoyens de Grèce, d’Espagne et du Portugal affrontent courageusement les politiques libérales, alors même que leur gouvernement répond par la répression et la criminalisation des luttes. Ces combats montrent la voie pour unifier les résistances en Europe. Le Front de gauche y est engagé et contribuera à leur renforcement en France et en Europe. Voilà pourquoi il est important d’élire le maximum de député-e-s européens du Front de Gauche capables de relayer les luttes, d’alerter sur les dangers et de mobiliser sur des solutions.

Dans chaque vote Front de gauche aux élections européennes, il y aura la rupture avec cette Union Européenne libérale et, indissociablement, l’idée d’une Europe refondée sur des bases sociale, écologique, démocratique et pacifique, dans le respect de chaque peuple, de chaque nation, de la souveraineté populaire et la solidarité internationale. Dans chaque vote Front de gauche, il y aura la sanction de ceux qui nous ont conduit là, le refus du repli nationaliste et xénophobe, et surtout le rassemblement de celles et ceux qui sont prêts à prendre un autre chemin avec les peuples européens, les forces de gauche qui résistent et construisent l’alternative partout en Europe.

C’est la démarche de résistance et d’espoir que portera le Front de gauche en France, les listes de la gauche alternative dans les pays européens et Alexis Tsipras, notre candidat commun à la présidence de la Commission européenne.

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