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Grèce : un premier tour prometteur pour Syriza

 

Le premier tour des élections municipales et régionales s’est déroulé le 18 mai et a vu la percée significative des candidats soutenus par Syriza dans l’ensemble du pays, et particulièrement à Athènes et dans sa région, l’Attique.

Rena Dorou, candidate de Syriza pour la région de l’Attique, qui regroupe plus d’un tiers de la population grecque, est arrivée en tête du premier tour avec près de 25% des voix, devant un candidat indépendant, soutenu par le Pasok. Fait significatif dans cette région la plus peuplée de Grèce, le candidat du parti de gouvernement Nouvelle Démocratie ne sera même pas présent au deuxième tour ! De même pour la mairie d’Athènes, où le candidat de Syriza arrive deuxième, à un point derrière un autre candidat « indépendant » du Pasok. Au deuxième tour, Syriza sera présent dans 4 régions sur 5 et dans de nombreuses municipalités. Dans la dernière région, où Syriza ne peut pas se présenter au deuxième tour, elle soutiendra la liste du KKE (parti communiste) en espérant un soutien réciproque dans les autres régions.

Les  premiers enseignements que l’on peut tirer de ce premier tour, sont tout d’abord la percée de Syriza qui, malgré son existence récente, sera présente dans de nombreuses administrations régionales et locales. La persistance du système clientélaire et de ses réseaux organisés autour des deux partis traditionnels de gouvernement (Nouvelle Démocratie et Pasok) a limité leur effondrement, d’autant qu’ils présentaient souvent des candidats « indépendants » qui, pendant la campagne se déclaraient opposés à l’austérité ou à la politique de la Troïka, pour, aujourd’hui, se revendiquer du soutien gouvernemental… Enfin, malgré l’emprisonnement de ses principaux dirigeants, Aube Dorée, qui se posait comme le parti des mécontents,  a maintenu ses positions dans quelques régions, notamment à Athènes, où l’opération de récupération menée par la droite conservatrice a échoué.

Ce premier dimanche électoral ouvre de grandes perspectives pour le 25 mai. Aux élections européennes, le vote sera clair, pour des partis ne se masquant pas derrière des soi-disants indépendants. C’est là l’enjeu principal de la campagne que Syriza mène de façon déterminée, et sans aucun triomphalisme,  dès ce lundi, s’appuyant sur les derniers sondages « sortis des urnes » qui le place à 27% devant la Nouvelle Démocratie, à 22%. Il faut également saluer le grand succès de la mobilisation populaire contre la privatisation de l’eau  et du référendum organisé à Thessalonique. Malgré les menaces de certains ministres, qui insistaient sur son caractère illégal, 218 000 citoyens sur près de 520 000 se sont rendus dans les 181 bureaux de vote improvisés pour affirmer leur opposition à ce projet.

Dimanche prochain, le vote anti-austérité, anti-mémorandum, anti-troïka sera beaucoup plus clair et généralisé. Le paysage politique grec en sortira bouleversé. A. Tsipras disait « Nous serons la surprise du 25 mai », un premier pas en Grèce hier, et le deuxième dans toute l’Europe le 25 mai.

Mathieu Dargel

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