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Le Front de gauche et la tectonique des pauvres par Richard Dethyre.

L’échec du Front de gauche prend sa source dans son incapacité à s’enrichir de ce qui pourrait faire sa force. Le vote des chômeurs, des jeunes, des ouvriers pour 30 à 35 % d’entre eux pour le FN est analysé chez « nous » avec ce qui me semble être une distance sociale qui éclaire ou révèle la nature du problème que je voudrais développer ici. Chacun peut sans mal établir un lien entre ce vote, les abstentions massives, la crise sociale, la crise de confiance, le désespoir, le sentiment d’abandon… Ce qui me parait plus difficile, c’est d’évaluer réellement les ruptures que cela recouvre, et de tenter d’y pénétrer. Par exemple, en s’interrogeant sur la disparition du « sujet chômeur » dans les campagnes successives des élections municipales et européennes ; ou en s’interrogeant sur les raisons pour lesquelles aucun maire de la gauche alternative ne tente de réunir ceux qui sont privés de travail afin de leur donner une place, une visibilité politique, de les aider à se rassembler.

Culpabilisation et individualisation

S’interroger, c’est se plonger au cœur de la crise de la politique. Hier encore, à la fin des années 90, les maires réunissaient 850 chômeurs à Saint-Denis, 250 à Ivry, 400 à Aubervilliers, 350 à Vitry, et bien d’autres à Champigny, Valenton, Gentilly, Stains, Bobigny, Chevilly, Choisy-le-Roi, Montreuil, etc. En lieu et place de cette belle démarche, beaucoup d’élus ont ces dernières années créé des « forums pour l’emploi » avec stands pour apprendre à établir des CV, évaluer son employabilité… Que s’est-il donc produit pour renoncer à ce qui était si précieux ? Se poser la question, ou tenter d’y répondre, c’est déjà reconnaitre qu’il y a là un problème qui nous concerne directement. Alors, comment décortiquer la chose ?

Les campagnes de culpabilisation des chômeurs et la mise en place de suivis personnalisés par les institutions ont fait reculer l’approche collective, l’image du collectif, la responsabilité collective, la mobilisation collective. La massification du chômage n’est plus évaluée comme un phénomène relevant de décisions économiques et politiques. De fait, sur fond de campagne de culpabilisation, l’idée que pour y faire face il faut mettre en place des stratégies individuelles s’est imposée. Les institutions ont multiplié des programmes qui sont baptisés remobilisation, accompagnement. Laissant entendre que le retour à l’emploi passe par la capacité individuelle des chômeurs à être dans le moule duquel ils seraient sortis ou dans lequel ils ne seraient jamais entrés. Ces programmes, à l’efficacité desquels personne ne croit, personne ne veut envisager les effets politiques et sociaux pervers qu’ils produisent.

Après les récents résultats électoraux, à lire ce qui est couramment écrit, on croirait que personne n’ose considérer le sujet, comme s’il nous renvoyait une image que l’on ne veut pas voir.

Un séisme caché, nié

Il nous faut déjà illustrer cette profonde rupture par les chiffres officiels (bien qu’ils soient largement triturés) : il y a 8,5 millions de chômeurs et travailleurs précaires ; 1 offre d’emploi pour 57 demandes, 130 millions de repas distribués au resto du cœur. Il s’agit du marqueur le plus tragique de la France d’aujourd’hui. Après avoir été licenciés, les « fins de droits » font la queue à la soupe populaire. Double humiliation.

Cette réalité là, un véritable séisme, n’a pas sa place dans la vie politique d’aujourd’hui. Pourquoi ? Qu’est ce qui est en jeu ?

Au-delà des chiffres, la connaissance de ce qu’ils représentent est essentielle. Parmi les forces militantes de la gauche alternative une distance sociologique s’est établie avec ce peuple. On assiste à une certaine « gentrification » de la gauche alternative. Qui révèle et alimente une désincarnation de son rapport à la société réelle, une distance avec le peuple tel qu’il est aujourd’hui ; à cela s’ajoute le dictat des comptables et des gestionnaires. Ainsi, rien ne pourra bouger si nous ne modifions pas la place que doit avoir le peuple dans une démarche de rassemblement : réelle, concrète, symbolique. Il faut avoir l’ambition première d’être POPULAIRE. Comment ?

C’est un long, mais indispensable processus. Bougeons nos représentations, notre manière de voir, nos priorités, notre militantisme. Mettons-nous résolument aux côtés de ceux qui sont délaissés, méprisés, humiliés, oubliés : comment parler du peuple sans rien partager avec lui ? J’ai lu pas mal de contributions intelligentes, mais aucune ne m’a convaincu quant à une réponse à ce besoin crucial.

Quelques fois, quand l’actualité est dramatique, Pôle emploi apparaît comme un lieu actif d’invalidation identitaire pour ceux qui y sont soumis… Mais qui s’y rend en portant un regard militant ? Quelles expériences échangeons-nous ? De quelles nouvelles pratiques est-il question ? Pour moi, la plus grande défaite, c’est de ne pas voir que le terrain de combat essentiel se trouve là, dans ces lieux de détresse. On peut en fait y puiser les arguments, les sujet et … les mots, y fourbir les armes. Comment faire émerger face aux logiques libérales la parole du peuple qui dit « Non, je ne peux pas payer les transports, ni mon loyer » ? Comment créer un rapport des forces à Pôle emploi, qui va vous demander pour la troisième fois le papier que vous avez déjà fourni, qui aura perdu votre dossier, qui soutiendra que vous ne l’avez pas déposé ? Nous sommes remplis d’émotion lorsque les frères Dardenne ou Robert Guédiguian mettent en scène la réalité sociale… Le réel est tout aussi émouvant.

A-t-on réellement idée de ce qu’endurent tous ceux qui se heurtent aux guichets de la Sécu, de Pôle emploi ? Ou celui qui subit l’accueil glacial en mairie pour n’avoir pas payé la cantine ou la colo, ou pour qui les courriers de sommation se succèdent. Ce sont les mêmes qui ne peuvent pas payer de loyer, les mêmes dont les enfants arrivés en âge de partir resteront à la maison surpeuplée. Mais qu’y pouvons-nous ? Nous ne sommes pas responsable du manque de logement, ce sont les gouvernements… Et comme le dit un maire adjoint : « On est bien obligé de faire un premier tri en fonction des ressources, il n’y a pas de logement. »

Que veut dire être privé de resto, de vacances, de projets ? Jamais de ciné, la voiture trop vieille que l’on ne peut plus réparer. Tout cela, pour le savoir, il faut le partager. Les plus fragiles sont poussés à une consommation à haut risque. Si tu n’as pas, tu n’es pas, dit la publicité ! À l’angoisse de ne pas pouvoir s’ajoute la honte, les humiliations, le sentiment de ne pas être capable. Ne jamais être en paix, et puis abandonner, ne plus demander, renoncer tellement tout parait difficile, impossible, et puis ruminer. Comme une lente maladie, la dérive s’impose et fait passer des millions de personnes de l’autre côté de la rive.

Eh bien, toutes ces personnes ne rencontrent pas ceux qui devraient les entendre, leur faire confiance, organiser avec eux l’action. Alors s’installe très vite en lieu et place de la citoyenneté un « Tous les mêmes » désignant tous « les politiques ».

180 jours dans les Assedics

Lorsque nous avons créé l’APEIS en 1988, avec Malika, Rabah, ceux d’Arcueil, d’Ivry, de Bonneuil et des 14 villes communistes du Val-de-Marne, nous sommes restés 180 jours et souvent les nuits dans l’Assedic de Créteil, puis dans les autres antennes. Grâce à cette pratique nouvelle et volontaire, notre vision des possibles a totalement changé.

En l’absence de notre affirmation politique sur le sujet, ce sont les structures institutionnelles qui ont pris la place. Elles sont d’une froideur cruelle face à ces réalités. Leurs certitudes étouffent le sujet. Elles ont pris l’espace qui devrait être occupé par la citoyenneté. Elles construisent les cloisons étanches entre les catégories sociales.

Y-a-t-il un lien entre ce constat et cette lente mais prévisible Bérézina électorale ? Ça vaut la peine de s’y arrêter. Par exemple, se demander comment est perçu l’écart sociologique que j’ai souligné entre les responsables (militants ou non) disposant d’un capital culturel, économique et social bien au-dessus de la majorité et les précaires, ouvriers, travailleurs pauvres, jeunes sans emploi ? Il faut lire à ce propos Pays de malheur, de Stéphane Beaud et Younes Amrani, où un jeune de cité écrit à un sociologue. Cette lecture m’a fait encore mieux évaluer la crise de l’égalité qui nous frappe. Nous n’avons pas vu que le combat essentiel ne devait pas se mener centralement CONTRE les inégalités mais POUR l’égalité. L’égalité en droit, au logement, à l’éducation, au travail, à la santé, à la justice. C’est le socle majeur qui définit les droits de chacun et de tous, base d’adhésion à la société, et qui construit le sentiment d’appartenance et la citoyenneté.

On constate le creusement de l’écart entre les riches et les pauvres… En réalité, c’est plus que ça. C’est une question d’échelle. Un continent, celui des gens précarisés, des chômeurs, des pauvres (salariés ou non), des immigrés, des sans-papiers, des mères célibataires, des jeunes dans la galère, des vieux sans ressources se détache du reste de la société. C’est la tectonique des pauvres. La planète des riches se réchauffe, mais ce sont les pauvres qui grelottent d’indifférence et de désespoir.

Personne bien sûr n’est indifférent, mais la précarité semble être un puits sans fond, alors, on s’indigne, mais que fait-on? « a ne sert à rien de culpabiliser », m’a-t-on souvent dit, « c’est aujourd’hui plus dur qu’hier », puis « Il n’y a pas de perspectives », puis « Il y a moins de force qu’avant », puis « C’est plus le patron qu’on a en face comme avant », puis « Il y a plus d’individualisme », et puis, et puis…

Qu’est-ce qui peut expliquer ce vide, cette froideur, cette désincarnation de la vie politique ? Faut-il des abbés, des jeunes acteurs révoltés, qui, une nuit de Noël, transforment les quais d’un quartier bobo en camp de réfugiés dans la cinquième puissance mondiale, pour évaluer cette disqualification ? Où sont-ils les mouvements de révolte des « révolutionnaires » ?

Le réel et les représentations

Le peuple, c’est qui le peuple ? Celui des temps chauds de la Commune à 68 en passant par 36 ? Le mouvement des « sans » ? Quelle représentation en avons-nous dans les temps glacés actuels ? Est-ce celle que nous renvoient les électeurs « inclus ? Consciemment ou non, les gestionnaires, sous la pression des populations « prescriptrices », essaient de justifier les politiques de solidarité locales qui subsistent.

Le risque, s’il n’y a pas de visibilité humaine, de dynamique politique, c’est que ces populations considèrent qu’elles sont un fardeau qui coûte cher. Se creuse ainsi le fossé de notre culture de solidarité et d’égalité (56 % des sondés considèrent que les chômeurs ne font pas tout ce qu’il faut…).

C’est un danger supplémentaire à souligner : en l’absence de mouvement socio-politique s’agrègent les idées droitières préconçues sur le pauvre et l’immigré. Apparaît le danger de la mise en concurrence des égaux (comme dit Robert Castel). Je crois qu’il faut se rappeler qu’un problème social ne sensibilise que s’il est reconnu comme tel, s’il est identifiable dans le champ politique, s’il pèse sur un rapport des forces, s’il émoustille les consciences. Notre sujet n’échappe pas à cette loi des mouvements sociaux (chômeurs, sans papiers, discriminés de toutes sortes).

Lorsque dans « Retour sur la condition ouvrière », Stéphane Baud et Michel Piallou interrogent leurs étudiants sur le nombre d’ouvriers en France, la réponse est très éloignée du nombre effectif de 6,7 millions… Les auteurs évoquent la disparition de l’espace socio-mental dans la société de la classe ouvrière. Quelle représentation a-t-on du peuple aujourd’hui ? C’est bien difficile à analyser, mais on peut partir de quelques ouvrages du côté de la sociologie, qui permettent de plonger dans le champ des représentations et ce qui les alimente. De fait, la classe ouvrière d’aujourd’hui n’est pas celle d’hier. Les chômeurs ne sont pas une classe et les précaires non plus.

Pas bien avec les chômeurs, pas bien avec le travail

Notre société est « CDI-centrée », « plein-emploi centrée ». Bien que la discontinuité dans le travail pour des millions de salariés soit une réalité non choisie, nous continuons dans nos représentations et nos pratiques à évoquer et percevoir le travail « comme il était avant ». Il faut un mouvement comme celui des intermittents pour que cette forme d’emploi (contrats courts, travail non rémunéré) qui s’impose désormais dans le monde du travail éclaire notre lanterne sur le sujet. Le précaire n’est pas à la marge. Il est la figure emblématique du salariat aujourd’hui et encore plus demain, la variable d’ajustement comptable que l’on considère comme un coût à diminuer. Le syndicalisme n’est pas en phase avec ce mouvement profond dans le travail. Dominique Lhuillier, professeur au Conservatoire national des arts et métiers, remarquait que la recherche en psycho du travail se concentrait sur le travail, sur la souffrance au travail. Plus rien ou presque n’est étudié, publié sur « l’activité » des chômeurs. Pourtant, la souffrance au travail provoquée par des exigences intenables, un management de folie n’est-elle pas alimentée avant tout par la pression exercée sur le salariat par la menace du chômage ?

La coupure entre les partis et la société s’est aggravée. Elle a été spectaculaire à l’orée des années 90. Malgré les sans, Droit au logement, les mouvements des chômeurs comme auparavant ceux des femmes, la marche des beurs…, les grilles de lectures sont bureaucratisées et les appareils sont glacés. Les institutions, la comptabilité se sont souvent substituées à la politique. « Nos » élus ne peuvent plus s’appuyer sur les structures politiques et l’entourage intellectuel d’hier qui leur permettait de reprendre la main sur le sujet et de soutenir, voire d’aider concrètement au rassemblement des diverses catégories de surexploités.

Pourtant, une solidarité populaire s’exerce quotidiennement dans les cités en dehors de la représentation que nous en avons. Le pire, c’est que cette distance remarquable nous prive d’un maillon essentiel, mais surtout de l’intelligence qu’ils ont, de la capacité à alimenter ce qui nous manque de la vie réelle, de l’urgence et de la dynamique populaire dont on est privé.

Alors, que faire ? Je ne dispose évidemment pas de réponse « clef en main ». Mais je suis persuadé qu’il n’y a pas d’autre chemin que celui de réhabiliter dans un même mouvement le collectif et l’altérité, le goût des autres et la démocratie. Cette voie (comme l’écrit Edgar Morin) implique fort heureusement plusieurs entrées, dont beaucoup ne sont pas balisées par le siècle passé.

Toutefois, je veux partir de mon expérience pour la mettre en débat. Mes 11 années dans l’APEIS me permettent encore aujourd’hui de vivre avec mes amis une expérience formidable : la troupe de théâtre des Z’en Trop. Elles, ils représentent une ressource d’intelligence et de force pour transformer le monde, même s’ils sont largement méconnus et sous-estimés. Mais ils s’efforcent de faire en sorte de réincarner la politique par cette citoyenneté sans laquelle la démocratie s’asphyxie.

Faut-il se rappeler de la sentence de Warren Buffett : « Il y a une guerre de classe, c’est nous qui la menons, c’est nous qui la gagnons. » Des défaites idéologiques, nous en additionnons beaucoup trop. On ne transforme pas la société sans mener et gagner les batailles, toutes (même celles qui nous paraissent éloignées de notre périmètre social et culturel). Les militants investis dans ce champ ont besoin de l’oxygène qu’apporteraient une réflexion et une action faisant du chômage et de la précarité (aux conséquences extrêmes) un champ de batailles politiques. Car en réalité, l’oxygène est le produit dialectique entre le rapport à la société réelle et notre connaissance, notre action sur celle-ci.

Notre expérience du mouvement des chômeurs nous apprend qu’un lien étroit peut se tisser, une dynamique quasi fusionnelle se forge entre la certitude qu’il faut répondre à des urgences sociales et la nécessité (et la nature) du changement politique. Elle est alimentée par les implications personnelles : je partage, je suis indigné, je le fais partager, on se révolte… Ce refus s’enracine dans une culture qui s’identifie par un goût de la justice et de l’égalité et de la fraternité, que notre culture politique nous a aussi inculqué.

Les dernières fois où je suis allé au Resto du cœur, nous avons discuté pour les inviter à voir notre pièce, intitulée Comment ils ont inventé le chômage ? Nous en avons chanté la chanson et, ensemble, travaillé à mettre à distance la honte en évoquant les mécanismes économiques et politiques. Ça nous a fait du bien, ça a fait du lien. Mais il faudra plus. Beaucoup plus, partout et souvent.

L’alternative ne peut se construire qu’avec ceux qui semblent avoir disparu comme sujet politique mais qui au fond sont au centre de notre monde du travail. Notre groupe des Z’en Trop est un réel modèle de ce salariat d’aujourd’hui : sans emploi, mais pas sans activité… Sans imaginer que nous sommes exceptionnels, les projets politiques qui permettent de s’adresser aux précaires et chômeurs de Saint-Denis et d’ailleurs ne sont pas assez nombreux. Eh bien, il faut donner de l’éclat politique à ces événements, les soutenir, faire des petits avec… C’est la raison de notre entêtement.

Richard Dethyre, 27 juin 2014. Publié sur le site de Cerises.

Une remarque : l’expérience du mouvement des chômeurs, c’est aussi celle de militants expérimentés de la gauche investis de responsabilités élargies. Ni Claire Villiers, ni Christophe Aguiton, Malika Zediri, François Dessanti, Robert Crémieux, ni moi et bien d’autres n’avons été remplacés.

 

 

Sociologue, Richard Dethyre crée en 1988 l’association pour l’emploi, l’information et la solidarité (APEIS, www.apeis.org/). En 1992, il publie « La révolte des chômeurs » (Robert Laffont), suivi en 1998 de Chômeurs « La révolte ira loin » (La Dispute), puis chez le même éditeur Avec les saisonniers Une expérience de transformation du travail dans le tourisme social, en 2007. En 2010, il coordonne avec Karine Delpas le premier Forum social des saisonniers. En 2012, il est l’un des auteurs de « L’envers de la fraude sociale », ouvrage collectif sous la direction de Philippe Warin (La Découverte). La même année, il participe à la création de la troupe des Z’en Trop. Il est l’auteur de la pièce « Comment ils ont inventé le chômage », mise en scène Muriel Righeschi.

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