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Fabrique à idées : CHRONIQUES D’EXIL ET D’HOSPITALITÉ, PAR OLIVIER FAVIER.

Nous accueillons Jeudi 17 novembre Olivier Favier à 18h30 à la mutualité de Gap pour une rencontre en préambule de notre Fabrique à idées autour des migrants.

Rencontre autour de son livre « Chroniques d’exils et d’hospitalités »

COMMENT EST NÉ CE LIVRE ?

J’ai écrit le premier article à la suite du naufrage d’octobre 2013. Le manque de suivi des médias m’a incité à continuer. L’année suivante, grâce aussi aux conseils de Mohamed Mazidi de France terre d’asile, j’ai commencé à me rendre sur les points d’arrivée ou de passage des migrants, à la Chapelle, à Calais, à Conflans. D’autres sujets se sont imposés: la question des mineurs isolés, le travail de quelques cinéastes, l’accueil des migrants en Calabre. Quand à l’automne dernier, des amis ont parlé de mon travail aux éditeurs du Passager clandestin, j’ai pensé à tout ce qu’il manquait encore pour faire un livre. Je voulais en savoir plus sur la situation des femmes. J’ai choisi de finir sur l’histoire d’un sans-papier, parce que c’est le sort qui rassemble tant de migrants, qu’ils soient au non des demandeurs d’asile.

QU’EST-CE QUE CES RENCONTRES VOUS ONT APPRIS ?

Ce livre contient de nombreux portraits. Chacun d’eux m’a marqué, à commencer bien sûr par celui -posthume- de mon grand-père, ouvrier italien arrivé en France à 16 ans en partie pour des raisons politiques. En écoutant les histoires des migrants, j’ai eu l’impression de saisir tout ce qu’une existence pouvait avoir d’épique, tragique, essentiel. J’ai découvert chez des jeunes de 17 ou 18 ans un courage, une joie de vivre, une sagesse qui m’ont laissé plein de respect et d’admiration. J’ai aussi croisé des militants, des associatifs, de simples citoyens qui, à Paris, à Calais ou ailleurs, refusent l’indifférence.

QUE PEUT-ON FAIRE ?

On peut commencer par s’informer et échanger sur ces questions. On a besoin d’une société plus concernée, ouverte, accueillante. Ensuite, à chacun d’aller plus loin en fonction de ses désirs et de ses compétences. Il y a de grandes associations comme France terre d’asile, et des petites qui localement font un travail formidable. Toutes ont besoin de bénévoles et de moyens.
La question des mineurs et des jeunes isolés me tient particulièrement à cœur. Beaucoup ont besoin d’être accompagnés, soutenus, encouragés. Quand je vois des gamins intelligents, gentils, volontaires, auxquels personne ou presque ne s’intéresse individuellement, je me dis que ce sont autant de magnifiques rencontres qui se perdent.

Entretien paru sur le site de France terre d’asile en avril 2016.

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