Dimanche 27 novembre, les membres du collectif NoTHT05 ont installé une slackline (illégale) entre deux pylônes, sur les hauteurs de Puy-Saint-Eusèbe (Hautes-Alpes). Les militants ont ainsi voulu réaliser une action coup de poing, à la fois visuelle et esthétique.
Slackline illégale
Ce dimanche 27 novembre, à l’aube,
ils étaient une vingtaine à partir de Puy-Saint-Eusèbe vers les deux pylônes qui surplombent le village de très près. Dans une ambiance digne d’une action de résistance dans le maquis, foulards et masques sur le visage, les membres du collectif ont escaladé un pylône pour y accrocher une banderole « NoTHT05 ». De manière illégale évidemment. L’escalade des pylônes étant interdite au public. Sur l’autre pylône, une équipe préparait une slackline reliant les deux mastodontes métalliques d’environ 40m de haut. Les lignes électriques ne sont bien sûr pas encore présentes et seuls les pylônes ont déjà commencé à balafrer le paysage. Dans cette vallée en particulier, les activités touristiques sont nombreuses et les lignes THT vont mettre en péril un pan essentiel de l’activité économique locale. Dans sa tribune publiée dans Montagnes Magazine de ce mois-ci, Lionel Daudet, membre lui aussi du collectif NoTHT05, tentait un premier bilan des activités en péril :
« – 5 aires de décollages de parapentes condamnés,
– une trentaine de courses de ski de rando où l’on évoluera dans les champs électro-magnétiques des lignes THT,
– 5 sites d’escalade où il ne faudra pas traîner dans les voies pour ne pas être exposé trop longtemps aux ondes et autres grésillements,
– le GR50 où cher randonneur tu passeras 16 fois sous les lignes THT. »
Et cet inventaire n’est qu’une infime partie des impacts liés à la ligne THT. Le site du collectif NoTHT05 regorge de documents officiels ou non, expliquant le projet et ses lourdes conséquences.
Dimanche, les NoTHT05 ont voulu réaliser une action forte mais esthétique. Sur la slackline de 80m de longueur environ, ils ont marché quelques instants dans le ciel bleu de l’Embrunais, le lac de Serre-Ponçon en toile de fond. Pour un court instant de poésie au milieu de verrues paysagères. Ne resterait-il que ça face à la sourde oreille de la plupart des élus locaux et de l’Etat ?
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