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Tous dehors (enfin), journal d’un festivalier, jour 1.

C’est une banalité d’abord qui me vient à l’esprit : ciel que ce festival porte bien son nom! “Tous dehors (enfin)!”, le festival des arts de la rue de Gap, a un nom et à présent un public nombreux. L’an dernier près de 20 000 festivaliers envahissaient les rues de la ville. Ce succès, qui tient beaucoup à la qualité des propositions artistiques, dévoile aussi eIMG_20170602_161132n filigrane le manque qu’il vient combler. Notre département fourmille d’initiatives associatives de qualité mais il manquait sans nul doute un temps fédérateur et d’envergure nationale pour faire sortir de chez eux un public populaire et familial. C’est d’ailleurs ce qui surprend le plus au premier rendez-vous sur l’esplanade du département : un foule nombreuse est déjà-là (à 16h un vendredi !).

Block

Block, qui réunit 7 danseurs/circassiens, est né de la rencontre entre deux compagnies anglaises, NoFit State Circus et Motion House. Alors que le soleil et la chaleur assomment une bonne moitié du public, les artistes se dépensent sans compter : ça court, ça danse, ça saute… Les intentions individuelles, la peur, la joie, la colère, deviennent chorégraphies et intentions collectives. Les blocs se déplacent au grès des émotions. On traverse des villes, des ruelles, on escalade des immeubles. La virtuosité impressionnante et la jeunesse des circassiens, allié à une bande son percutante, font penser à des séries récentes, notamment Sense 8 ou The Get Down. On reste un peu sur IMG_20170602_162630sa fin en quête de fil narratif ou d’émotions poussées un peu plus loin que la surface rapide d’un mouvement. On s’évade aussi dans le plaisir du moment partagé. Dans l’axe de la scène, on découvre un vigile interloqué et un peu plus loin la fenêtre de la préfecture s’ouvre sur des salariés qui regardent le spectacle côté coulisse. C’est aussi ça “Tous dehors”, pousser les habitants à regarder leur ville sous un autre angle.

Plouf et Replouf

On traverse ensuite la ville en direction de la pépinière. On croise des regards et surtout de vieilles connaissances. Étrange sensation, il aura fallu une programmation de spectacles de rue pour revoir ces visages amis et en même temps chacun va d’un spectacle à l’autre, on se dit poliment qu’on se croisera lors du festival…

IMG_20170602_170639A la pépinière, à l’ombre des grands arbres, les familles et les poussettes sont nombreuses. Là aussi, on sent qu’on arrive dans un espace “habité”, boulistes, jeunes buvant des bières, le spectacle vient perturber le quotidien gapençais.

Le duo de clown commence. Classique et efficace, drôle et complètement décalé,  le public au départ dubitatif devant ces 2 énergumènes et notamment le silence absolu de leur prestation, bascule ensuite dans le rire et les applaudissements. Le spectacle dérape joyeusement et alors que les adultes exultent, leurs enfants se demandent : “comment est-ce possible de faire toutes ces bêtises en public ?”. Le théâtre de rue est l’art de la transgression et le clown est sans nul doute le maire de cette “commune” éphémère.

Issue de Secours

IMG_20170602_190250Nous découvrons ensuite l’une des 4 créations de la Cie Adhok : Issue de secours. Plateau repas en main, les petits vieux tentent l’évasion de la maison de retraite. Ils déambulent dans la ville et nous les suivons. Ils se dégagent une émotion immense des images provoquées par cette création, des quelques mots qui révèlent une vie, un tempérament, une volonté d’émancipation. Chacun pense aux siens, chacun sait ce que veut dire ce plateau repas, son contenu même, la solitude de l’enfermement. On marche ensemble, IMG_20170602_192746nous les suivons et chacun regarde en lui-même : et moi que fais-je faire de ma vie ? Quel vieux je serais ? Nos 7 anciens se révèlent, petit à petit, et l’on se demande un peu si nous ne sommes pas plus vieux qu’eux. Nous pensons à toutes ces phrases dites par ceux qui voient la fin venir : leurs regrets sur les priorités de la vie, sur les choses à faire, les vrais urgences… Le final, émouvant et révolutionnaire, laisse le public souriant et sonné : profitez-en !

Vivement demain,

LEC

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