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Tous dehors (enfin presque) ! : journal d’un festivalier jour 2.

Bien déterminé à voir le plus de spectacles possible, j’ai entamé ce second jour en analysant le programme et même si, la vie réelle continuant par ailleurs, je ne pouvais arriver qu’à 16h30, 3 ou 4 spectacles étaient au programme. “Tous dehors” c’est aussi ça : des milliers de familles qui organisent leur agenda autour de moments de créations artistiques.

Une aventure

IMG_20170603_165104Assez fier d’être à l’heure et de trouver une place de voiture à proximité, on comprend vite en s’approchant du but que ça va être complexe… Les couloirs qui mènent à la providence sont pleins à craquer. Une certaine fébrilité se fait sentir. Et alors qu’une partie du public prend cette attente avec humour et philosophie, la colère de certains est latente. La file avance et nous voici pris en entonnoir, il y a une jauge fixe et le directeur du théâtre, Philippe Ariagno, égrène lui-même le décompte terrible. 13, 12, 11… La foule s’amasse et comprend bien la situation. 8, 7, 6… Certains poussent, tentent une percée sur le côté, les salariés du théâtre haussent le ton. 5, 4, 3… ça argumente, ça cherche des exceptions à la règle. 2, 1, 0… Le directeur annonce que nous devons faire demi-tour. On reste figé à quelques mètres du graal. Il faut 3 ou 4 minutes pour que la foules entame un demi-tour. Il y a bien 200 personnes, ou plus, qui constatent le succès d’un festival. Les réactions sont diverses. Je suis un peu consterné par certaines colères puis j’entend un monsieur dire “Faire toute cette route pour en arriver là…”. Et je comprend que “Tous Dehors” a atteint un palier de croissance qui obligera le théâtre à ré-adapter l’an prochain son mode de programmation. En attendant, à défaut de voir “Une aventure” nous en vivons une…et ce n’est pas fini !

Le musée Bonbana de Kokologo

IMG_20170603_184912Après une escapade en centre ville (où l’on constate des files d’attentes devant les boulangeries et les magasins de glaces…) puis un passage par le génial “Festiv’idées”, nous revoici dans une nouvelle file d’attente et un nouvel entonnoir. Les gens parlent des spectacles qu’ils ont vu. Il y a un côté festival d’Avignon : “Surtout ne rate pas ça, c’est énorme !”. Le public est mélangé, des jeunes, des familles, des gens d’un peu tous les milieux (ou presque… ). Un comédien s’avance nous raconte une histoire d’une voix qui porte comme rarement. Il doit lutter contre les éléments. D’abord, il y a ce groupe de rock qui anime le mariage dans le bar voisin qui couvre sa voix (j’hésite un moment à aller leur dire de baisser un peu le volume mais je ne veux pas perdre ma place dans l’entonnoir…). Ensuite, il commence à pleuvoir quelque gouttes mais nous sommes sous les arbres. La jauge est d’une centaine de places, nous sommes au moins le triple. Le conteur raconte : “Le grain de maïs ne vient jamais à bout de la poule”. Les portes du théâtre de verdure miniature s’ouvre. C’est la lutte des places et ce n’est pas forcément un moment d’émancipation humaine… On trouve un endroit à l’intérieur mais on ne sait pas vraiment si c’est une place pour le public ou pour le comédien. Il pleut un peu plus fort. Des parapluies s’ouvrent. Le comédien devient guide de musée : “C’est au bout du vieux fil qu’on tisse la corde nouvelle !”.

IMG_20170603_184438Et tout bascule. Le comédien s’arrête et nous regarde d’un air dépité. Un orage éclate. Nous ne visiterons pas ce musée. On se retrouve à l’abri d’un arbre et d’un parapluie ami. Mon fils nous explique que “c’est vraiment pas malin de se mettre sous un arbre pendant un orage !”. On décide de s’aventurer un peu plus loin. On traverse la passerelle sur la Luye qui commence sa crue. On se retrouve sous le porche de la Blache. Une vingtaine de personnes ont eu la même idée. Un petit peuple de naufragés fait connaissance : un bébé souriant, des buëchois joviaux, un couple d’amoureux, des enfants, une amie pas croisé depuis un moment… Nous restons là regardant l’averse devenir déluge, sentant l’orage se rapprocher, les coups de tonnerres de plus en plus sonores, la pluie devenir grêle…et l’eau qui s’approche de nous, nous coince contre les portes de la blache. Quelqu’un demande si on a les clefs. On rigole beaucoup de la situation. Un chien et ses maîtres viennent nous rejoindre. “On aura au moins de quoi manger !”.



IMG_20170603_194923Puis c’est la décrue. On rejoint une tente un peu plus loin. Tchava genza vient de finir son concert aquatique pour le marché aux saveurs de Slowfood. Tout le monde a les pieds dans l’eau et le sourire aux lèvres. On finit par rejoindre un restaurant en attendant que ça se calme pour le spectacle du soir.

Le nid

La pluie est fine. Nous arrivons à l’heure mais il n’y presque personne. Nous retrouvons l’équipe du théâtre. C’est annulé. Comme pour nous dire “ce n’est pas grave”, un nouvel orage éclate. On se cache sous le nid.

IMG_20170603_213802On court sous le chapiteau quelque mètres plus loin. Festiv’idées propose une sélection de courts métrage sur le vélo : c’est Kino ! Il y a beaucoup de monde réfugiés à nouveau. La pluie redouble. Les films commencent. On rit beaucoup. Je croise mon ami Claude. On parle dérèglement climatique et de l’urgence à changer de direction. C’est peut-être même déjà trop tard. Les jeunes de mobil’idées font la révolution à vélo : c’est joyeux et terriblement responsable. Nous n’avons pas pris les nôtres, pas de vélorution mais une marche à pied pour retrouver notre voiture à la Providence.

Jour 2. aucun spectacle à “critiquer” mais des histoires à raconter…Quelle aventure !

LEC

le jour 1 est ici !

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