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Alerte plaidoyer Rencontre Préfet-Migrants : changement de programme!

communiqué de « Tous migrants » concernant les rassemblements de Gap et Briançon :

Nouveau rebondissement :
Le préfet ne viendra finalement pas à Briançon demain. Il recevra une délégation de migrants et marcheurs pour le droit d’asile ce vendredi 30 juin à 17 heures à Gap.

Deux appels à mobilisation générale sont lancés:
– à GAP, rassemblement à partir de 16h30 sur le parvis de la Préfecture
– à BRIANÇON, rassemblement de soutien à 17 heures précises, place de l’Europe.
Manifestation silencieuse
Distribution de paroles de migrants et d’une lettre ouverte de soutien des élus.

Venez nombreux et faites suivre à vos contacts, merci.

(Voir le communiqué de presse ci-dessous)

 

Communiqué de presse

Une délégation de marcheurs rencontrera le Préfet demain à 17 h à Gap
 
Le préfet écoutera-t-il les demandeurs d’asile ? 
 
Le Préfet recevra une délégation de la Marche pour le Droit d’Asile demain à 17 h à Gap. Les migrants demanderont au Préfet de les écouter. Ils veulent témoigner de leur passage en Italie et de l’inégalité de traitement entre demandeurs d’asile en France. 
 
Partout dans le département des citoyens restent mobilisés et solidaires.  Une autre politique d’asile et d’accueil est possible et elle est déjà entrain de se construire avec les citoyens qui ouvrent leurs portes et des élus locaux qui s’engagent.
 
Marcheurs et citoyens solidaires se retrouveront demain à Gap devant la préfecture à partir de 16h30 et place de l’Europe à Briançon à 17h précises pour soutenir tous les migrants dublinés qui risquent d’être renvoyés en Italie. 
 
Les témoignages collectés sur les mauvais traitements subis en Italie sont édifiants. Pourquoi secourir des migrants en mer si c’est pour leur infliger ces traitements sur le sol européen ?
 
L’hypocrisie de la politique européenne de l’asile a assez duré.
NON aux renvois des demandeurs d’asile.
Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas.
 
 
 
Merci de prendre le temps de lire et partager les témoignages ci-après.

TEMOIGNAGES DE MIGRANTS DUBLINES
 
 
Pourquoi ne voulez-vous pas retourner en Italie ?
 

Quand nous sommes arrivés en Italie avec le grand bateau, on nous a obligés à déposer nos empreintes ; il y avait dix policiers pour 2 migrants. Les policiers utilisaient des bâtons électriques.
Après la prise d’empreinte nous avons été dans des grandes pièces sans fenêtre (toutes petites ouvertures) et une porte. Nous étions 60/70 personnes dans une pièce. Il y avait des caméras au plafond, quelques matelas au sol pas pour tout le monde. Il y avait 2 toilettes/douches dans la pièce. On dormait par terre
 
En Italie, j’ai passé 9 jours en prison
Pourquoi on met les demandeurs d’asile 9 jours en prison ?
De la mer, ils nous ont jetés en prison.
 
A Turin, la Croix Rouge m’a expliqué que les Italiens traversaient une crise et qu’ils ne voulaient pas que les réfugiés restent en Italie.
Dans les campos, il faut attendre très longtemps, des heures, pour pouvoir manger.
 
Dans les campos, on dormait tout habillés dans des tentes de 6. On dormait avec nos chaussures car il faisait froid. Il n’y avait pas de douches et l’eau était gelée.
 
La nourriture dans les camps était périmée et nous rendait malades.
Toutes les personnes étaient malades de la gale parce qu’elles cherchaient leurs habits dans leur poubelle.
 
J’ai eu la gale en Italie. Je n’ai pas eu le droit de voir le médecin. J’étais obligé de me cacher pour me gratter. Je faisais la queue pour pouvoir manger et devais abandonner mon tour pour aller me cacher et me gratter. J’avais des plaques partout sur le corps des fois ça saignait. Je suis parti du campo et j’ai pris le bus. J’ai voulu acheter un ticket et le conducteur a refusé de prendre l’argent dans sa main. J’ai posé l’argent et le conducteur m’a donné le ticket en le faisant tomber par terre. J’ai été m’asseoir dans le bus. J’avais très faim parce que avec la gale je n’arrivais pas à attendre dans la file pour manger. Il y avait une dame assise par très loin dans le bus, elle mangeait. Je lui ai demandé si elle pouvait me donner du pain. La dame m’a craché dessus.
 
Parfois, il y avait des contrôles et du coup, ces jours là, tout le campo était nickel. Les  noirs n’étaient pas au service lors des repas alors que d’habitude c’étaient les réfugiés qui servaient les repas.
Je ne comprends pas l’Italien, les responsables du campo nous disaient de ne pas raconter ce qu’il se passait dans les camps à Roma Latina, à la police s’ils nous attrapaient. Ils nous disaient de rester muets.
 
La journée les gens sortaient des campos pour aller mendier et les femmes se prostituaient. Devant nous elles se prostituaient pour un peu d’argent.
 
Les Italiens nous disaient dans les campos de ne pas rester en Italie.
Nous étions isolés personne ne nous expliquait ce qui se passait et ce que nous devions faire. Nous avons fait une grève pour avoir un interprète. La police est venue et nous a expulsés du campo. Nous dormions dans la rue sous les ponts. Nous avons décidé de venir en France.

Quand je suis arrivé en Italie j’étais gravement malade. Je suis arrivé au campo le 26 octobre 2016. Je suis allé à l’hôpital. Je suis sorti de l’hôpital le 14 décembre 2016. Je devais avoir un traitement mais je n’ai pas pu avoir de médicaments et je suis retombé malade. Je suis retourné à l’hôpital le 14 janvier 2017. Je suis sorti le 17 février. Je n’ai pas compris la maladie que j’avais parce qu’il n’y avait pas de traducteur. J’étais à côté de Rome. L’Italie n’a pas voulu me donner les médicaments. J’ai décidé de venir en France.
 
En Italie, y’a un policier qui m’a croisé et embarqué.
Je suis resté sans boire ni manger entre 8 h et 10 h.
Ils me prenaient en photo nu.
Il n’y avait pas d’interprète.
Ils m’ont obligé à déposer les empreintes.
Il y avait 17 pages à lire. Je ne connaissais pas la langue.
 
Le président du Soudan Bachir a dit qu’il allait tuer tous les gens du Darfour, qu’il allait les tuer même s’il fallait aller les chercher en Europe.
Avant-hier l’Italie a renvoyé 40 personnes au Soudan.
On ne sait pas s’ils sont vivants ou morts.
 
D’autres témoignages en visionnant ce film court :
Le cauchemar du billet retour    https://vimeo.com/213740560

Sans étiquette politique ou religieuse, «Tous Migrants» est un mouvement citoyen pacifiste de sensibilisation et de plaidoyer né en septembre 2015 autour du drame humanitaire des migrants en Europe, de la Méditerranée à Calais. Fort de l’adhésion de plus de 500 citoyens à la cause qu’il défend, le mouvement mène des initiatives variées, dans le Briançonnais : veille et partage de l’information via une newsletter périodique et une page Facebook adressées à plus de 750 personnes, conférences, cinés-débat, ateliers d’écritures, manifestations artistiques ou culturelles de soutien… 
L’action de Tous Migrants repose sur deux principes directeurs :  
– C’est en renforçant le lien social local, en ouvrant des espaces de dialogue, d’échange, de convivialité et de solidarité avec notre voisin d’ici (« l’autre d’ici ») que nous accepterons naturellement notre voisin de là-bas (« l’autre de là-bas », étranger, migrant, réfugié,…); 
– Chacun d’entre nous peut « faire sa part », à son échelle, suivant la théorie du colibri de Pierre Rabhi, pour contribuer à la résolution de la crise humanitaire actuelle, y compris en plaidant pour l’adoption de décisions politiques plus responsables et humaines en matière de migration. Il en va de notre humanité et notre dignité.

Contact : tousmigrants@gmail.comwww.facebook.com/tousmigrantswww.tousmigrants.org

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