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Lettre à Roger Didier

Monsieur le Maire,

L’article paru le 15 février 2019, dans le Dauphine Libéré édition Gap, m’interpelle, me questionne et me fait naître quelques inquiétudes.
Le Dauphine vous a interrogé sur le sujet des flux migratoires et de la manière dont vous abordiez cette problématique.
Vous y avez répondu »Je n’ai rien contre les migrants », puis « en matière de comportement, ces gens-là sont tout à fait respectables. Par contre, certains de ceux qui les encadrent produisent une idéologie et ne sont pas respectables ».

Monsieur le Maire, à quelle idéologie pensez-vous ? Celle de l’humanisme ? Celle de vouloir faire respecter les droits humains ?

A quels encadrants songez-vous ? Les collectifs hauts alpins qui se sont réunis pour affronter l’une des pires catastrophe humanitaire que vit l’Europe ?

Monsieur le Maire, je ne suis qu’une citoyenne investie, avec, au départ aucune conviction, si ce n’est celle d’aider mon prochain.

Une citoyenne qui, après presque deux années hébergement solidaire auprès des mineurs, reconnus ou non par le département et/ou la justice, ne s’ébranle pas d’un tel discours mais s’en agace.

Cherchez-vous à poser le discrédit sur des bénévoles investis à toute heure du jour ou de la nuit, semaine et week-end compris, pour une cause noble qui, à terme, pourrait causer, si elle est abandonnée, la perte des valeurs fondatrices de notre république et démocratie ?

Car oui, c’est parce que nous croyons au sens de ces trois mots que nous prônons cette « idéologie » !

Parce que nous désirons leur donner du sens et de la profondeur, la partager et démontrer qu’ils ne sont pas vains dans notre quotidien.

Parce que, par nos actions, notre investissement, nous subtilisons des idées mortifères : la peur de l’autre, de la différence ; sans bruits et sans violences, ni des mots ou des actes, mais avec le sentiment d’être acteur de l’évolution de notre société.

Certainement, vous trouverez, parmi nous, des « militants » ; par la force du dédain, pour ne pas dire, parfois, de la violence, de notre administration et/ou de notre justice, je suis devenue « militante ».

Devant des histoires sordides qui me sont contées, les preuves immuables du châtiment des migrants, leurs pleurs et sourires, je ne pouvais rester insensible à leur sort sur notre territoire.

Et me battre pour que leur parcours ne soit remis en cause. J’ai confiance en eux tout comme ils ont confiance en moi. Et par cette confiance, ils se dévoilent, dans les bons et les mauvais jours, comme tout adolescent.

Par cette confiance, la résilience fait son chemin : ils piétinent, tombent et se relèvent plus forts.

Ils s’intègrent petit à petit et nous révèlent.

C’est un échange formidable, riche d’expérience. Nous apprenons, l’un comme l’autre, à devenir plus humains et respectueux de l’autre.

Alors si c’est cela, Monsieur le Maire, ne pas être respectable, alors je suis fière de ne pas l’être !

Cordialement

Stéphanie Gillotin

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