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« J’étouffe et l’État de droit n’existe plus ! »

« J’étouffe », cela m’arrive souvent, je suis asthmatique , mais je me soigne…

Certains « étouffent » mais on ne peut pas les soigner, l’étranglement, avant et/ou arrière, coupe leur respiration et ils meurent… 

Un autre, ministre qui plus est, entend parler, seulement « parler » de violences policières, et il « étouffe » ! Mais c’est pour « de rire » comme disent les enfants. Il va très bien, du moins physiquement.

– C’est un étouffement politique ! Il veut arrêter les critiques contre les violences policières pour que celles-ci puissent tranquillement continuer à étouffer certains   plutôt que les noyer dans la Loire un soir de fête de la musique ou abattre un autre parce qu’il manifeste contre la construction d’un barrage absurde. 

– C’est un appel à la droite dure, voire à l’extrême droite, cela est vrai à condition d’ajouter qu’il est, lui-même la droite dure et l’extrême droite. Voilà un homme que poursuit un procès pour violence, pardon pour viol, et qui , tout guilleret, vient justifier par avance les futures violences policières. Aux USA, il serait taxé immédiatement de « suprématiste blanc » comme Trump ! Il est le pur représentant du machisme décomplexé et violent. Par sa bouche on entend, la violence systémique de l’appareil d’État s’exprimer.

– C’est une échappée hors de l’État de droit. « Lorsque j’entends parler de violence policière, j’étouffe » et immédiatement il fait appel à la célèbre formule de Max Weber concernant le « monopole de la violence « légitime » de l’État ». Jamais  celui-ci n’a dit que n’importe quelle violence de l’État était légitime. Les lois  distinguent les cas de l’usage légitime de la force (et non de la violence) de l’usage illégitime de la force. Il n’y a pas de violence légitime du point de vue du droit ! On a un ministre inculte qui ne connaît pas la différence entre force et violence. En fait pour lui, il n’existe pas des « forces » de l’ordre mais seulement des « violences » de l’ordre ! Et bien que Max Weber parle du « monopole de la violence légitime », il n’est pas « juriste » mais sociologue et dans son texte il prétend seulement faire une classification des différentes formes de groupements humains. Il distingue les États qui s’arrogent le « monopole de la violence » d’autres formes d’organisations sociales dans lesquelles personne (pas même ce qui tient lieu d’État), ne détient le monopole de la violence, ou prétend le justifier comme « légitime ». En désirant justifier toutes les violences policières comme légitime, notre suprémaciste, fait sauter la distinction entre « violence légitime » et « violence illégitime ». De ce fait, les  termes légitimes et illégitimes perdent tous sens, il ne reste que la violence « pure ». Nous tombons en dehors d’un État de droit. Ce ministre confirme ainsi les analyses de toutes celles et tous ceux qui soulignent la violence structurelle de l’État.

– C’est une entrée dans un État pré-fasciste. En défendant les agissement les plus délétères de la police, il manifeste combien ceux qui nous dirigent ont peur des ultras de la police. Le ministre précédent avait eu la velléité de faire interdire l’étranglement comme moyen pour arrêter une personne. Mal lui en a pris, les cercles policiers d’extrême droite organisèrent des manifestations pour dénoncer cette restriction à leur capacité de nuire. Ce ministre a disparu et celui-ci court après les revendications les plus fascisantes et racistes de la police. Ce gouvernement est ainsi leur prisonnier. C’est eux qui décident ce qui est légitime ou pas en matière de maintient de l’ordre! Le pouvoir vient de basculer dans une zone obscure et dangereuse. La macronie tourne à la chienlit comme dirait De Gaulle. Lors de la révolte des généraux algérois, Il s’était dressé pour faire cesser cette insurrection. Cette fois-ci le pouvoir s’est couché. Les Ultras sont dans la place. 

Pour continuer à respirer, il faut réduire les comportements factieux d’un petit nombre, changer de ministre de l’intérieur et sortir de l’idée qu’il existe une violence légitime. Aucune loi humaine ne peut justifier une violence de la part de l’État. Nous avons trop connus cela au XXe siècle !

Jean-Paul Leroux

    30 juillet 2020

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2 Comments on « J’étouffe et l’État de droit n’existe plus ! »

  1. CASTEX Jean-Pierre // août 2, 2020 à 7:36 // Réponse

    Bravo
    JP

  2. Très bon éclairage et mise aux points. D’autant que, de plus en plus d’éléments surgissent pour démontrer qu’il y a un problème de fond idéologique dans notre police.

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